Un visage sur le nom des libérateurs

Après un travail de plusieurs mois, l’US Memory Grand Est France a rendu hier vie à 1.300 visages de soldats reposant au cimetière américain de Dinozé. Une première sur le territoire national.

 

Ils s’appellent Helen Johnston, Tomosu Hirahara, Percy P.Yount ou encore William Harry McKay. La liste est longue. Trop longue. Tous sont inhumés au cimetière américain de Dinozé. Derrière ces noms, les visages de jeunes hommes et femmes morts pour notre liberté il y a plus de 70 ans. Après des mois de recherches intensives - ils ont écumé les sites internet, tenté de joindre leurs derniers descendants - les membres de l’US Memory Grand Est France, association ayant pour but d’honorer la mémoire des soldats enterrés au Quéquement, sont parvenus à mettre la main sur le portrait de  certains.

 

Au total, 1.300 clichés ont été retrouvés parmi les 5.254 soldats qui reposent en ces lieux. « Il est important de mettre un  visage sur un nom. C’est une manière originale de leur rendre hommage, de conserver un souvenir plus précis d’eux. "Beaucoup de familles nous ont remerciés pour cette démarche", explique la présidente de l’association, Jocelyne  Papelard-Brescia.

 

Hier, au cours d’une cérémonie solennelle, les visages de ces héros ont été dévoilés au public. « Notre mémoire est un  sol sacré sanctifié par le souvenir de ses héros. Qu’ils reposent en paix », a notifié Ben Howson, un des membres de la structure. Avant d’accueillir la garde d’honneur et de céder la parole au jeune Spinalien (francoaméricain) Aron Howson qui a lu un poème.

 

Les hymnes français et américain interprétés par une partie de l’ensemble vocal Poly’son d’Epinal ont résonné. Il restait à mettre une histoire derrière chaque visage. Tour à tour, plusieurs intervenants, portrait à la main, sont revenus sur les  différents parcours. Comme celui du sergent Helen Johnston, une des quatre femmes inhumées à Dinozé. Née le 12 mai 1924 dans le comté de Guernsey dans l’Ohio, cette ouvrière mécanicienne dans le civil s’était engagée dans l’armée. Elle était stationnée à Londres. Après la libération de la France, Helen fut envoyée à Paris. Elle faisait ses préparatifs pour  rentrer aux Etats-Unis lorsqu’elle fut tuée à seulement 22 ans dans un accident de jeep.

 

Comme elle, chacun a sa propre histoire et nous rappelle, comme l’a expliqué Ben Howson, « le prix incalculable de notre liberté et la dette qui est aujourd’hui la nôtre. »

 

A NOTER : « Les Visages d’Epinal-Dinozé » sont visibles au cimetière américain du Quéquement jusqu’au 31 mai.

 

Source : L'Est Républicain

 


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