Ce féru de généalogie a retrouvé de drôles d’ancêtres

Passionné de généalogie depuis seize ans, Jonathan Minne explore son passé, celui de l’Armentiérois et bien plus encore. Rencontre avec cet enquêteur improvisé qui retrace l’histoire de sa famille, met à jour des petits secrets bien gardés et révèle des facettes méconnues de l’ancien temps.

 

Il n’a qu’un regret : son talent est un hobby sans intérêt aux yeux de Pôle emploi et des recruteurs. À 32 ans, Jonathan Minne, demandeur d’emploi, est féru de généalogie. C’est à ses seize ans, peu de temps avant d’emménager à Armentières, dont sont originaires ses parents, qu’il tombe en fascination pour cette science. «  Depuis, j’ai appris à lire les actes en latin et en flamand, et je décrypte les anciens documents  », souligne cet amateur d’histoire filiale qui a su développer perspicacité et ténacité.

 

Une famille de dizaine de milliers de membres

 

À ses débuts, Jonathan envoie des premiers courriers maladroits aux mairies de Pérenchies et d’Armentières pour demander des actes de naissance.

 

Aujourd’hui, son arbre généalogique est riche de 49 356 individus et 12 305 documents, s’étend dans le Nord, l’Allier et la Belgique, et remonte jusqu’en 1600. Une plongée dans les entrailles familiales qui révèle de nombreuses filiations, comme une lointaine parenté avec Charlemagne ou un ancien maire d’Houplines (voir encadré), des professions étonnantes comme ce chirurgien des années 1750… et quelques secrets de famille. «  J’ai découvert que mon arrière-grand-père était un enfant illégitime. Mon grand-père disait parfois que son père était « Chouk chouk ». En vulgaire, cela signifie bâtard  », se remémore-t-il.

 

Une lecture attentive d’un acte de naissance lui met la puce à l’oreille «  Sur le document, il est écrit « fils de Julia Biot, épouse d’Henri Minne ». Dans un texte ordinaire, il aurait été inscrit « a comparu Henri Minne, lequel nous a déclaré que Julia Biot son épouse a accouché d’un enfant  ». Pendant douze ans, Jonathan Minne enquête sur Henri Minne, emprisonné en Corse pour trois ans, au moment de la naissance de son fils. En effet, en 1903, cet ouvrier du port de Boos est condamné avec trois camarades pour la destruction d’une «  construction appartenant à autrui ».

 

Les soupçons de paternité se portent sur un homme partageant le même nom que le parrain de l’enfant. Mais parmi les trois frères, lequel est le véritable géniteur ? Le descendant n’a pas levé le mystère. Mais il a découvert en Julia Biot une parente ayant eu des enfants de différents partenaires (le divorce a été interdit par Napoléon au XIXe siècle) et aussi une maligne Armentiéroise qui déclare son mari vivant lors d’un recensement au début du XXe siècle… alors que celui-ci est décédé vingt ans plus tôt dans un hospice d’Aigues-Mortes. «  C’était pour l’honneur, il était très mal vu d’être une femme seule  », commente Jonathan Minne. Pourtant, en 1885, elle déclare dans un acte notarié que son mari a quitté le domicile pour permettre à son fils de se marier.

 

Autant de péripéties retrouvées à force d’étudier des actes de naissances, de décès, des coupures de presse ou des photos qu’il n’hésite pas à partager dans des articles de revues spécialisées ou avec d’autres amoureux de généalogie…, et parfois avec des particuliers lorsqu’il sonne spontanément à leur porte pour demander des copies des albums de famille.

 

En voir plus : http://gw.geneanet.org/minne

Source : http://www.lavoixdunord.fr


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