Elle retrouve sa mère biologique par les archives

Après un appel dans L’Est Républicain, une habitante du Nord de la France a pu retrouver sa mère qui l’avait abandonnée à la naissance, à Besançon. Un obstacle inattendu s’opposait à leurs retrouvailles.

 

Marie Michèle, une enseignante à la retraite venue d’Amiens, a retrouvé sa maman 63 ans après que celle-ci l’eut abandonnée, après son accouchement à la clinique du docteur Quichon, à Besançon. Quatre mois plus tard, confiée à l’association « Les nids de Paris », elle était adoptée par une famille du Nord.

 

Fin décembre 2015, cette prof d’histoire-géographie avait lancé un appel dans nos colonnes. Bien que depuis 2002, la loi prévoit un dispositif permettant aux enfants adoptés de retrouver leurs parents biologiques, elle se heurtait à l’époque à une impossibilité physique inattendue.

 

Atteinte de la maladie d’Alzheimer, la mère de Marie Michèle ne pouvait pas répondre elle-même à sa requête comme le prévoit la loi. Dès lors, toute action officielle lui était rendue impossible.

 

« Le problème, c’est que l’assistante sociale qui a contacté son mari ne lui a pas expliqué ma démarche. Il n’a rien compris », soupire Marie Michèle Duflot. Pourtant, « quand je suis allée le voir, il y a quelques jours, il m’a dit qu’il était très content que cette rencontre puisse se faire. » Alors, jeudi dernier, après avoir également fait la connaissance de sa demi-sœur, Marie Michèle a enfin pu dire à sa mère, avant qu’elle ne décède, « que je ne lui en voulais pas car j’ai eu une très belle vie. »

 

« Cela m’a fait comme si j’allais rendre visite à quelqu’un que j’ai toujours connu », évoque Marie Michèle, sereine d’avoir pu enfin combler ce vide. « Tout le monde dit que je lui ressemble, surtout le bas du visage. »

 

Suite à l’article paru dans L’Est Républicain, Marie Michèle Duflot a été contactée par quinze personnes qui, à partir des quelques éléments de biographie de sa maman diffusés, ont pu l’aider dans sa quête. En particulier Christian Palvadeau, un bibliothécaire bisontin, fan d’archives, bientôt rejoint par Yvette Thibault, une généalogiste retraitée mais toujours active. Ils ont écumé les documents disponibles légalement avant 1948 : état civil, recensement, table décennale pendant sept mois… « Avant de nous rendre compte qu’aucune de nos pistes n’était la bonne. »

 

C’est au moment où Marie Michèle allait renoncer, en début de cette année, que, reprenant tout à zéro, les deux chercheurs ont mis à jour « une erreur d’indexation. Deux semaines plus tard, nous avions cassé le mystère ! »

Dans la foulée, l’identité du père présumé de Marie Michèle a pu être levée elle aussi. Seulement, il est aujourd’hui décédé et Marie Michèle préfère prendre son temps, avant d’agrandir le cercle familial d’un nouveau demi-frère… « Cela me permettra de revenir et de découvrir véritablement ma ville natale. Cela fait quatre fois que j’y viens sans rien visiter vraiment. D’autant plus que je m’y suis fait plein d’amies maintenant, Thérèse, Michèle, Claude, Virginie… »

 

Source : L'Est Républicain